Et voilà, le grand jour est arrivé: 56ème et dernière journée de cette incroyable aventure. Dans quelques heures, si tout va bien, que je ne me fais pas attaquer par un chien, que je ne fais pas une mauvaise chute si près du but, je serai à Rome. Roma, città eterna, Roma où j’ai vécu plusieurs mois il y a 20 ans, Roma et l’accent romain que j’adore, le Trastevere, le Campo dei Fiori… Pour bien commencer, l’univers m’offre encore un de ces levers du soleil splendide que je découvre à peine réveillée, depuis la fenêtre de la chambre. Lucia, Pascal, Roberto et moi nous mettons rapidement en route et retrouvons Lidia et Maria au bar (l’être humain est définitivement une créature à habitudes, elles s’immiscent même dans des périples où tout change sans cesse) et continuons tous les six. Alors que plusieurs fois on m’a avertie que la dernière étape était pénible et même conseillé de la zapper et d’arriver en bus ou en train, j’ai la bonne surprise de voir que vite on quitte le bord de route pour une réserve naturelle. Nous sommes à quelques kilomètres du centre de Rome et pourtant il me semble que je suis en pleine jungle. Nous traversons cet espace préservé et arrivons dans un quartier quelconque de Rome. Cette fois, c’est vraiment la ville. On est samedi matin et l’animation bat son plein: qui fait les courses, qui est au café, promène le chien, attend le bus… À peine le temps d’observer cette effervescence qu’on entre dans le parc de Monte Mario, que je ne connaissais pas mais qui offre une très belle vue sur Rome, et notamment sur la coupole de Saint Pierre de Rome, notre objectif. Nous nous arrêtons pour l’admirer, et aussi un peu par émotion d’être là, d’être à Rome ! Mais nous ne sommes pas pressés d’arriver au point final, cela se sent, nous prolongeons d’ailleurs l’étape en nous arrêtant à un bar pour grignoter quelque chose, alors que nous ne sommes qu’à deux kilomètres à tout casser de Piazza San Pietro. Régénérés, nous abordons la fin au milieu d’une foule impressionnante de touristes. Et voilà : la place s’ouvre devant nous, on y est ! Une grande joie et une grand émotion, que je ne parviens pas à décortiquer, et d’ailleurs je n’en ai pas envie. Après les félicitations, après les photos, nous passons récupérer nos testimoniums, un genre de certificat en latin. Puis c’est ostello, apéro, resto. Le temps du bilan, de l’intégration de cette expérience viendra, mais aujourd’hui c’est la célébration: je suis arrivée à Roma !




