Sentant depuis quelques jours mon corps fatigué, j’ai pris ma décision et m’apprête à prendre un jour de repos à Bolsena, au bord du lac du même nom. J’avance donc à travers champs dans l’attente de voir le lac. Et il finit par se montrer, majestueux et tranquille. Après m’être arrêtée un instant pour l’admirer, je poursuis ma route dans la forêt puis parmi les oliviers. Mais les derniers kilomètres sont difficiles, je me traine, l’énergie me manque… Le fait de savoir que je vais m’arrêter une journée y est probablement pour quelque chose. J’arrive avec soulagement dans la jolie ville de Bolsena. Pour le reste de la journée, je me laisse flotter dans la douceur qu’elle dégage: je mange une glace en me promenant sur la plage, observe le ballet des pêcheurs qui vont et viennent sur le lac et dans le port, admire le coucher du soleil. Le soir je me régale d’une énorme pizza et fais connaissance avec Yan et Rita, un couple d’allemands.





Whouah, j’avais oublié à quel point je suis fan du concept de grasse matinée, quel bonheur ! Je traîne au lit, je trainasse au petit-dej… J’adore marcher et mettre mon corps en mouvement, mais quel plaisir de ne rien faire, de laisser son corps se reposer. Je finis tout de même par me préparer et pars à la découverte du centre historique. Après le repas, je pars au bord du lac et je passe l’après-midi à rêvasser, à téléphoner, à prendre le temps…et à manger encore une glace. Bref, je vis ! De retour à l’ostello, je rencontre une toute nouvelle équipe (j’appelle cela l’effet Jour de repos, à chaque fois que je fais une pause, les visages et leurs histoires changent autour de moi). La plupart sont italiens: Lucia, Maria, Lidia, Roberto, Giovanni, Mari-Angela. Il y a aussi Pascal, suisse qui est parti de Canterbury le 5 août. Il est l’un des seuls que j’ai rencontrés faisant la Via Francigena dans son intégralité, et j’en suis toujours impressionnée. Le soir, je discute longuement avec lui et constate qu’il partage de nombreuses réflexions que je me fais en marchant si longtemps: le retour aux joies simples, la prise de conscience sur nos propres conditionnements, une plus grande authenticité rencontrée et exprimée en route… Je me couche reposée, inspirée et prête pour mes derniers jours vers Rome.




