Me voilà donc arrivée à Lucca, étrange… Je ressens simultanément un sentiment d’accomplissement, de la joie, et comme un vide. Ceci est cependant vite balayé par la beauté incroyable de cette ville, que je pars découvrir après une douche et un peu de repos. Le charme de la Toscane est ici à son comble (si ce n’est le nombre de touristes allemands au mètre carré, mais je suis mal placée pour me plaindre, étant quand même un peu touriste moi-même). Je me promène, j’erre de vicolo en via, je mange une glace…pur bonheur ! À l’Ostello où je loge, je rencontre Karo, une jeune allemande, qui visite l’Italie en train. Le lendemain, quel bonheur de traîner au lit, ça faisait longtemps et je savoure la lenteur que je m’accorde. Ce qu’il reste de la matinée est occupé à la logistique : lessive, courses, je me remets en selle pour continuer. Et oui, je continue, maintenant c’est sûr. Je continue parce que beaucoup de personnes rencontrées m’ont assuré que la plus belle partie de la Via Francigena est entre ici et Rome, parce que j’ai pris goût à marcher, parce que j’ai encore soig d’aventures, et un peu aussi parce que je n’ai toujours aucune idée de quoi faire quand je rentre, je l’avoue…le chemin a encore beaucoup à m’apprendre.
Une fois tous les préparatifs accomplis, je monte en haut de la tour Guinigi, la plus haute de Lucca, et y découvre une vue magnifique sur les toits et sur les collines des alentours. Je visite aussi la cathédrale et ai l’agréable surprise de découvrir qu’en tant que pellegrina, je n’ai pas à payer l’entrée (léger sentiment de supériorité…oui je sais, ce n’est pas très chrétien…). Encore une glace (finalement ce n’est peut-être pas la marche qui est devenue une drogue…) et je rentre faire une sieste. En fin d’après-midi, je retrouve Joan, un couchsurfer barcelonais qui voyage en moto et qui est aussi de passage à Lucca. Je passe une très bonne soirée avec lui, je ris beaucoup en écoutant le nombre incalculable d’anecdotes qu’il a sur ses voyages en Chine et en Corée et sur les incidents interculturels qu’il a pu y vivre. Je me couche prête pour de nouvelles aventures !






