Via Francigena

J29 – J30: de Fornovo au Passo della Cisa, toucher à l’essentiel

Comme tous les jours, je pars après tous les autres, tranquillement. De toute façon, je sais que ce sera challengeant (vocabulaire de la start-up nation, une fois n’est pas coutume) physiquement et que je mettrai du temps à parcourir les 19 kms qui m’attendent, presque tous en montée, alors à quoi bon se presser. Dès la sortie de Fornovo, je découvre un paysage enchanteur qui ne m’évoque qu’un mot: douceur. Il est encore tôt et les ombres des arbres s’étirent avec élégance sur les champs d’un vert à la touche britannique. Je monte, je monte, à travers forêts, villages, champs…On est dimanche et je rencontre beaucoup de monde: des cyclistes, un groupe d’amis de Rimini qui me pose une foule de questions sur mon voyage…Encore une fois, je goûte à l’hospitalité locale: un monsieur m’offre tout naturellement des figues de son jardin et m’indique une fontaine à quelques pas. J’atteins Cassio, petit village perdu en pleine chaîne des Appenins, et m’installe à l’Ostello. Celui-ci est tenu par Andrea qui y met tout son coeur…cela se sent. La décoration, bien que vintage, est réconfortante et chaleureuse. Il est généreux, accueillant…je suis impressionnée et touchée. Je retrouve Marco, Ann, Ralph et Myriam, une belge que j’ai croisée il y a quelques jours et qui s’intègre immédiatement à notre joyeux groupe. Nous partons manger au bar d’à côté. Nous sommes presque sur le départ quand débarquent Inna et Viktor, éclairés à la lampe frontale, qui tentent tant bien que mal de faire comprendre qu’ils cherchent un endroit où dormir. Ma tendance polyglotte se réveille et je ne suis pas peu fière de les aider à trouver une solution en quelques minutes. Je me couche satisfaite et dors incroyablement bien.

Aujourd’hui 30 septembre: un mois de marche… j’apprécie l’expérience au delà de ce que j’avais espéré. Ce qui me plaît le plus, et que je retrouve justement à travers des messages disposés ici et là au cours de cette étape, c’est le retour à l’essentiel, à l’essence de qui l’on est tout au fond de nous. La catégorie sociale, l’âge, le statut matrimonial, la profession, tout cela ne compte pas en chemin. Chacun se dépouille de ses rôles, de ses identifications pour être seulement un humain qui rencontre et reconnaît d’autres humains, des animaux, la terre… Je trouve cela d’une beauté précieuse et tellement rare!

Bref, je m’égare… en ce 30ème jour, je marche avec Myriam pendant plusieurs kilomètres, puis la devance et découvre des villages de montagne au charme inouï, ainsi que des vues à 360 degrés sur les montagnes environnantes. Stupéfiant ! Le soir, à l’Ostello du Paso della Cisa, nous passons un moment de pure camaraderie à entonner des chansons populaires russes, françaises, italiennes et belges autour du dîner servi par Mirko, un aubergiste/DJ/bout en train comique qui est notre hôte dans ce coin reculé d’Italie.

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