
Depuis longtemps je vis dans la honte, dans la peur du jugement des autres, de la société, dans la peur du rejet en fait. En effet, je n’ai pas la vie que l’on m’avait préparée à avoir. Depuis toute petite, je pensais qu’à mon âge je serais mariée, j’aurais des enfants, un travail tranquille, une vie stable et sereine. C’est ce à quoi j’ai été conditionnée et l’idée de ne pas finir comme cela m’horrifiait dès l’adolescence, bien qu’une petite voix à l’intérieur de moi m’ait toujours soufflée que j’ai un coeur d’aventurière…
Depuis j’ai été confrontée à l’infertilité, à la séparation, et j’ai pris de plein fouet le fait de ne pas être conforme, « pas comme tout le monde ». Au travail j’ai aussi développé une anxiété accablante, liée à la croyance que pour être reconnu, apprécié, il faut être parfait, irréprochable (si je ne réponds pas exactement aux attentes des autres alors je serai rejetée). Pas très humain tout ça…
Je crois que c’est de ma peur du rejet, et de la colère qu’elle engendre en moi, que naît cette admiration pour les marginaux, les originaux, les autres « pas comme tout le monde ». Et petit à petit je prends conscience que pour être réellement libre, il faut créer en soi une base assez solide pour s’accepter soi-même et, seulement après peut-on s’affranchir du regard des autres et de leur jugement. Si je ne me sens pas assez confiante en qui je suis, alors oui je dépends du regard des autres et il me fait souffrir s’il n’est pas valorisant. Mais si je me donne à moi-même ce que j’attends des autres (amour, reconnaissance, confiance, acceptation inconditionnelle), alors je ne me sens plus aussi fragile et à leur merci. Un exemple m’a permis d’en prendre conscience il y a quelques jours: une personne de mon entourage n’évalue les autres que par leur progéniture. A chaque fois que l’on parle de quelqu’un, sa première question est: « Il/elle a des enfants ? Combien ? », ce qui a le don d’immédiatement me tordre l’estomac: je me sens exclue, inexistante et non reconnue à ses yeux car sans enfant. Mais cette fois, je me suis dit: si cela te fait cet effet, c’est que quelque chose résonne en toi, mais ce système de croyance, que l’on est rien sans enfant, cela lui appartient à elle. Penses-tu toi que l’on a aucune valeur si on a pas d’enfant ? Non. Alors redonnes-toi à toi de la valeur. Je me suis encouragée intérieurement et le malaise est doucement passé.
C’est cette acceptation et cette bienveillance que je veux m’appliquer à cultiver en moi, et j’ai découvert quelques outils qui m’y aident:
- Les méditations Loving-Kindness, qui consistent à cultiver en soi de l’amour pour d’autres personnes mais aussi pour soi même. On en trouve sur Youtube et sur les applications de méditation comme Insight Timer.
- L’accueil de mes émotions difficiles : il me semble que ce n’est qu’en posant un regard bienveillant sur cette peur du jugement et sur la tristesse créée par ce sentiment d’être dévalorisée et rejetée que je peux commencer à les transformer. Je le fais par la méditation, mais aussi en partageant mes émotions avec des personnes qui peuvent les entendre et en écrivant.
- J’essaye dernièrement de me parler plus gentiment, de devenir ma meilleure amie plutôt que ma pire ennemie comme je le suis généralement…un travail de longue haleine et qui nécessite beaucoup d’attention, car ce dialogue est automatisé.
- Plusieurs lectures m’ont permis d’avancer sur ce chemin, notamment le livre « S’aimer; Comment se réconcilier avec soi-même » de Kristin Neff, une psychologue américaine (site en anglais) qui développe le thème de l’auto-compassion, et tous les livres du psychiatre Christophe André (mention spéciale à « Imparfaits, libres et heureux »).
- Je cherche encore d’autres moyens, donc si vous avez des pistes, n’hésitez pas à les indiquer en commentaires.
J’aime me promener sur votre blog. un bel univers agréable. Blog intéressant et bien construit. Vous pouvez visiter mon blog récent. A bientôt.
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Merci Melina, j’ai consulté votre blog, très inspirant !
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