Via Francigena

J8-J9: du Grand Saint Bernard à Aosta: Italia quanto ti amo !

Aujourd’hui est un grand jour : je passe en Italie ! Si j’adore la Suisse, je voue une passion sans limite à l’Italie depuis presqu’aussi longtemps que je m’en souvienne: la langue, la nourriture, les chats se prélassant dans les ruelles silencieuses écrasées par un soleil d’été, l’élégance des personnes âgées appretées pour la passeggiatta de fin d’après-midi, les gens qui parlent fort aux comptoirs des cafés…

Je me réveille à l’hospice, je commence à me préparer puis, au hasard d’un détour dans un couloir, je regarde par la fenêtre: blanc immaculé, le brouillard et la neige recouvrent tout ! On ne voit pas à cinq mètres, magique mais un peu inquiétant. Je décide donc de prendre mon temps, je visite le chenil où sont élevés les fameux Saint Bernard, désormais trop lourds pour les sauvetages en montagne modernes en hélicoptère et sont plutôt voués à une vie domestique, après un café avec Andy et Michelle, qui ont dormi dans une cabane de secours au milieu de la neige. Encore un peu hésitante, je me mets en route. Au bout de 300 mètres, balayée par un vent glacial teinté de neige, je me demande si je ne suis pas carrément inconsciente. Je m’imagine une jambe cassée, agonisant dans un ravin invisible de tous et perdant un à un mes doigts terrassés par le froid…sympathique rêverie. Mais le ciel se dégage rapidement et le soleil prend sa place: je suis en Italie! Je m’arrête prendre un café au premier endroit possible: il coûte un euro, bonheur total ! Malgré toute cette allégresse, j’ai du mal à détacher mon esprit de la peur d’être attaquée par un chien, alors que pour l’instant je n’en croise pas. Est-ce le changement de pays ? Les anecdotes que j’ai lues sur des rencontres malheureuses de marcheurs avec ded chiens sur la partie italienne ? Ou le fait que sur la.plupart ses maisins est écrit « Attenti al cane » ? Je l’ignore mais espère que ce sentiment désagréable d’un danger imminent me passera rapidement, d’autant plus que le chemin est magnifique. Je finis par arriver à Etroubles, adorable village fleuri, où je suis accueillie chaleureusement par Anna qui gère la Casa Alpina del Sacro Cuore où je loge, et fête cette nouvelle étape à la pizzeria bondée du coin où je retrouve Barney, Denise, Andy et Michelle autour d’une pizza énorme et d’un verre de vin. Pas de doute, je suis bien arrivée en Italie !

La deuxième étape italienne démarre sous un ciel sans nuage et dans un décor paradisiaque de montagnes boisées et sommets enneigés. Le chemin est particulièrement agréable, le long d’un ruisseau. Ma peur des chiens s’atténue d’autant plus que je croise au bout de quelques heures Victoire et Louis et fais un bout de route avec eux. Cela n’évitera pas que, de nouveau seule, je sois terrorisée par un chien non attaché et agressif qui me fera faire un petit détour…il me reste du travail à faire à ce sujet. Je croise à plusieurs reprises des personnes qui entament des discussions sur ce que je fais: quel plaisir de parler italien, d’échanger ces quelques mots. J’arrive à Aosta dans l’après-midi, j’y retrouve Laura qui va m’y héberger deux nuits et partager avec moi un peu de sa vie quotidienne. Après toutes ses émotions, je m’offre une journée de repos !

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