Via Francigena

J4 – J5: De Saint Maurice à Orsières, la joie de la simplicité

4ème jour tranquille et agréable, « seulement 17 kms » et assez plat, à travers la forêt (bon, en toute honnêteté, aussi une bonne partie en bord de route assez fréquentée mais cela s’oublie vite), arrivée assez tôt à Martigny, petite ville très paisible, et le summum: aprės-midi lecture et trempette à la piscine du camping, sous un soleil sans nuage et entourée de montagnes…le bonheur ! Et en chemin, j’ai réalisé combien j’avais besoin de cette pause, de m’accorder du temps pour moi, j’ai littéralement soupiré de soulagement. Les derniers mois, voire années, se sont passés plutôt dans la lutte, contre moi-même, contre la biologie, contre la fatalité, et j’ai terriblement besoin de reprendre mon souffle et de me laisser guider par mes pas. Je réalise à quel point je suis chanceuse de pouvoir m’accorder ce privilège, et je savoure d’autant plus. Je me sens de plus en plus en paix.

Puis le jour sensé être le plus difficile de cette première semaine arrive : 20 kms avec beaucoup de dénivelé et de la pluie annoncée, mais je suis prête (enfin je l’espère), je me sens beaucoup plus énergique qu’au réveil avant une journée metro-boulot-dodo… je crois que mon corps est sorti de cette léthargie habituelle, je lui donne ce dont il a besoin: du mouvement, de la respiration (et du chocolat, on est en Suisse quand même !).

Me voilà donc partie et oui: ça monte, les chemins sont escarpés, je dois enjamber un énorme tronc d’arbre sans trop savoir comment y parvenir sans me retrouver à dévaler la pente en faisant du surf dessus, traverser des rochers qui semblent s’être désorganisés exprès pour me compliquer la chose, mais j’y prends du plaisir, je m’amuse comme une gamine. Puis je tombe sur Mario, qui fait des petits tronçons de la Via Francigena de temps en temps, et aujourd’hui la vie le met sur le même chemin que moi. Nous continuons donc ensemble et discutons de tout, de rien, de la vie, du retour aux choses simples. Et mine de rien, en une aprės-midi de discussion, Mario me donne une belle leçon de vie: il est atteint d’une maladie invalidante et il y a beaucoup de choses qu’il ne peut plus faire, mais marcher, il peut encore, avec des bâtons, et cela lui procure de la joie, alors il le fait. Sa maladie, dit-il, lui a fait changer ses priorités dans la vie et comprendre qu’il devait aller vers ce qui lui fait du bien, la nature, la simplicité. Arrivés à Orsiėres juste avant la pluie (ou presque), nos routes se séparent, mais je me souviendrai avec beaucoup d’émotion de ce beau moment d’authenticité passé ensemble. Il est temps de retrouver Barney, Denise, Michael et Alan, un petit nouveau dans notre groupe qui nous vient tout juste d’Angleterre, pour une soirée de rire et de partage…en toute simplicité !

1 réflexion au sujet de “J4 – J5: De Saint Maurice à Orsières, la joie de la simplicité”

  1. 🙂🙂🙂 je suis vraiment heureuse que tu prennes soin de toi comme tu es en train de le faire!!! J’ai beaucoup d’emotions à te lire…Merci pour ces partages!!!

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